Patrick habite ma commune de Lentilly, c’est un ami qui s’engage à 100% pour le Peloton de l’Espoir, avec aussi beaucoup d’humour.  Son témoignage ci-dessous en témoigne mais sa motivation est bien réelle et très émouvante.

Pour rendre son témoignage plus vivant, Patrick a créé une interview virtuelle avec un grand reporter du New York Times, pour montrer l’impact que peut avoir le Peloton de l’Espoir à l’international. Sacré Patrick!!!!smileyclind'œil

patrick bouchot suiteAnabella Saraiva : merci Patrick

 

“Bonjour et merci de me recevoir, je m’appelle John (Jean en français) Fédékil, je suis reporter Ride Ataxia et j’aimerais échanger avec vous (Par respect, ne connaissant pas les liens entre John et Patrick, le traducteur a choisi de traduire le you anglais en vous) sur votre participation au Peloton de l’Espoir.

 

Comment vous est venue l’idée de participer au Peloton de l’Espoir ?

Patrick : Je revois Anabella, il y a environ un an maintenant, nous expliquant lors d’un weekend entre amis, son idée de projet d’organiser une circuit vélo reliant Strasbourg à Lentilly, associant Kyle BRYANT (cf: http://rideataxia.afaf.asso.fr/), des coureurs américains et des coureurs français, afin de mieux faire connaître l’Ataxie de Friedreich et de récolter des fonds pour la recherche et lutter contre la maladie.

Je crois qu’à ce moment-là, nous avons tous regardé Anabella avec nos grands yeux, la mettant en garde contre tout ce que pouvait induire ce projet fou.

Quelques mois plus tard, lors d’un autre moment entre amis, Anabella est revenue sur le sujet, son idée avait muri, on sentait qu’elle avait déjà commencé à poser les premiers jalons du projet, et la connaissant, qu’elle ne lâcherait pas le morceau.

C’est ainsi que nous passions l’été avec le projet d’Anabella en tête et sans en parler outre mesure à mes proches, le projet faisait aussi son chemin dans ma tête.

A la fin de l’été, j’étais résolu : si des personnes Ataxiques sont capables de relier Strasbourg à Lentilly (en étapes bien sûr) pourquoi pas moi, qui suis valide ?

Je faisais part de mon idée, à mon épouse et à mes filles et commençais à m’entrainer.

 Quelles sont donc vos motivations pour participer au Peloton de l’Espoir ?

Patrick : Mes motivations sont triples :

La première et de loin la plus importante, est de soutenir Caroline et Jérémie, tous deux Ataxiques ainsi que leurs parents Anabella et Antonio dans ce projet, dans leur combat contre la maladie et dans leur vie quotidienne.

La seconde est de démontrer que rallier Strasbourg à Lentilly peut paraître un exploit sportif, mais qu’avec un peu d’entrainement, de volonté et de motivation, chacun d’entre nous peut le faire. N’ayez pas peur de vos rêves, laissez les murir, organisez-vous, entrainez-vous et vous pourrez les réaliser. Il vaut mieux ne pas pouvoir aller jusqu’au bout de son projet plutôt que d’avoir le regret de ne pas l’avoir tenté.

La troisième relève, d’un défi personnel, suite à un problème de santé, maintenant résolu.

 Pourquoi parler de challenge, vous n’êtes pas sportif ?

Patrick : Absolument pas, chacun connaît ma sportivité légendaire !

Plus sérieusement relier Strasbourg à Lentilly en vélo en étape de 80 à 110 km relève pour moi d’un véritable défi. Je ne pratique aucun sport particulier, même si je fais régulièrement de l’exercice : marche, un peu de vélo mais pas assez pour relever ce challenge, tennis de table en loisir, plus pour l’ambiance que pour jouer, un peu de piscine, activité de bricolage…

Pour réussir ce pari, je dois donc m’entrainer sérieusement.

 Et depuis quand et comment vous entrainez-vous ?

Patrick : J’ai commencé à m’entrainer fin août 2016 avec mon vieux VTC que j’ai toujours : la première fois j’ai fait tout juste 25 km, je suis rentré à la maison, j’avais les fesses en compote et j’étais épuisé ! 

Depuis, chaque weekend, je m’entraine sur une demi-journée (il faut s’entrainer, mais sans tout sacrifier et en assurant le quotidien : famille, travail, bricolage hivernal…) et chaque mois je passe à un palier supérieur (25 km, 35 km, 45 km…) pour arriver début décembre, avant l’hiver à 60 km environ par sortie.

Aussi, je ne voulais pas perdre le bénéfice de ce début d’entrainement en « raccrochant » comme le font beaucoup de cyclistes pendant l’hiver, avec le risque de reprendre tout depuis le début au printemps prochain.

J’ai donc continué mes séances d’entrainement malgré le froid en m’équipant : tenue hivernale avec une bonne protection côté selle, gants, maillot chaud, bonnet et chaufferettes pour les pieds et les mains (très efficaces lorsque la température est en dessous de zéro). Dieu merci je n’ai eu de la pluie sur le parcours qu’une seule fois.

Je vais généralement du côté de la vallée d’Azergues, initialement car il y a une piste cyclable, mais au fur et à mesure je m’écarte un peu pour intégrer quelques difficultés dans mon parcours ; je dois d’ailleurs avouer que je redécouvre ma région : il y a certains villages, des points de vue, des curiosités, des routes magnifiques… que je ne connaissais pas : l’entrainement devient un plaisir.

Lors de ma dernière sortie j’ai fait 70 km et lorsque je suis rentré à la maison j’étais moins épuisé que la première fois.

 Vous êtes maintenant confiant pour relever ce défi en juillet prochain ?patrick bouchot

Patrick : Tout d’abord, sur le plan du projet : je suis tout à fait confiant : le Peloton de l’Espoir aura bien lieu, même s’il reste encore à faire. Nous avons eu récemment une réunion pour nous organiser pour rejoindre Strasbourg le 1er juillet prochain et pour échanger d’une manière plus générale sur le déroulement de la semaine.

Ensuite sur le plan personnel : Oui et non !

Je suis assez confiant pour parcourir 80 à 110 km sur une journée, avec une pause déjeuner, une météo qui devrait être meilleure et en sachant qu’il me reste encore 5 mois pour m’entrainer.

Je préviens aussi dès maintenant l’ensemble du Peloton, que j’irai à mon rythme, mais sur ce point je suis aussi rassuré car nous sommes tous d’accord que l’objectif n’est pas d’aller le plus vite possible, mais de relier Strasbourg à Lentilly à son rythme (il y aura d’ailleurs des groupes par niveau) pour d’abord faire connaître la maladie et récolter des fonds.

Par contre je dois m’entrainer pour me rassurer sur ma capacité à renouveler cette performance sur 8 jours, et j’avoue aussi que les côtes raides et longues me font aussi un peu peur.

Il faudra aussi que je m’équipe d’un bon cuissard pour l’été et que je fasse au moins réviser mon VTC, car j’ai quelques petits problèmes de dérailleurs.

 Je crois savoir que vous avez rencontré Fabrice Lecornu, qui participera aussi au Peloton de l’Espoir ?

Patrick : Oui effectivement, j’ai profité d’un déplacement sur Brest, pour prendre contact avec Fabrice et le rencontrer.

Nous avons passé une soirée formidable : autour d’un très bon diner, mijoté par Fabrice,  nous avons fait connaissance, discuté vélo, maladie et de bien d’autres sujets encore. Fabrice est exceptionnel.

Il m’a aussi prêté le livre d’Alain LANGLET : idées de route : livre que je recommande à tous : Alain LANGLET, touché tardivement par l’Ataxique de Friedreich, raconte, la maladie à travers ses moments de vie et comment il a parcouru les Chemins de Saint Jacques sur son tricycle accompagné de son épouse.

 Merci Patrick, notre interview touche à sa fin, souhaitez-vous ajouter autre chose ?

Patrick : Oui je voudrais tout simplement faire part de ma reconnaissance à Anabella et Antonio pour leur investissement dans ce projet et les remercier.

Je voudrais également remercier mon épouse et mes filles pour leur soutien dans ce défi que je me suis lancé, et pour accepter le temps et l’investissement que j’y consacre.

Merci à vous