Ci-dessous le compte-rendu d’Alain Langlet sur son périple du Peloton de l’Espoir.

Alain porteur d’une ataxie tardive était accompagné de son épouse et de Christophe Eddy (bénévole à leurs côtés pour les aider).

“UN DEFI DE PLUS,

A la différence des autres périples ( Le Camino, Le Tour de Gascogne, Le Tour des Pays Bas ), nous ne nous sommes pas élancés directement. Nous avons fait des pré-vacances d’une semaine vers Blois, avant de rejoindre notre fille à Strasbourg, profiter du Weekend pour visiter la Petite France, les canaux et la Cathédrale.

Puis les choses sérieuses commencent : nous nous rapprochons d’Illkirch, siège de l’I.G.B.M.C (L’institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire) l’un des sites de nos espérances certainement notre salut, sur l’Ataxie de Freidriech.

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Cet Etablissement nous ouvre ses portes pour une visite guidée  grâce à  la complicité d’Hélène PUCCIO et de Françoise PIGUET. Même avec leurs explications qui se veulent à  notre porté, que c’est compliqué. Ne me demandez pas de résumer, je n’aurai pas la moyenne ! Le fait marquant, ce sont les souris : au départ malades, puis traitées, elles sont capables de faire de la barre fixe ou de tenir l’équilibre sur un tambour tournant. La recherche avance…

Après avoir passé l’après-midi dans cet antre, nous allons chez Hélène pour s’y arrêter une nuit, avec plein de réflexions et d’appréhensions puisque le lendemain c’est le Grand Départ : Illkirch- Lentilly : objet du défi. DSCN5958

Je vais vous raconter une histoire : il était une fois une gentille Maman, qui se nomme Annabelle, qui avait de l’énergie à  revendre. Cette énergie, elle ne pouvait pas la transmettre à  ses enfants, tous deux ataxiques et cloués sur une chaise roulante. Elle veut faire connaître cette maladie, et avec l’énergie du désespoir, elle mit sur pied le Peloton de l’Espoir. Bien sûr elle fut aidée, et ce challenge traversa l’Atlantique pour y adhérer 20 coureurs américains dont un ataxique. Gros travail d’organisation : Tracer le chemin (que vous connaissez maintenant), limiter les inscriptions (50), faire face à  l’engouement provoqué, trouver des sponsors … DSCN5955

Et moi, dans l’histoire ? Ne voulant pas me frotter aux Champions cyclistes du peloton de l’Espoir, j’ organisé un itinéraire personnalisé pour Christiane et moi, que nous démarrerons quatre jours avant leur départ, en vue de faire ce périple en 10 jours, avec une moyenne de 60 km par jour. DSCN5885

Le départ fut donné de l’IGBMC, en présence de la Direction et des Chercheurs. Instants émouvants, quand je pense que toutes ces personnes étaient réunies pour nous, pour nous voir partir, pour nous encourager. C’était une répétition pour le Grand départ du Peloton. Je pense que dans les deux cas, plus d’un mouchoir a dû sortir des poches.

Annabelle nous avait adjoint un aidant, Christophe, qui nous a rejoints à  Marckolsheim. Présence très efficace à  l’étape, dans le portage de notre barda, et aide dans mes transferts.

Puis notre petit bonhomme de chemin a continué, à  trois, le long du canal, des vignes, des coteaux, sous la pluie et le soleil. A partir de Baume les Dames, mon tricycle a commencé à  donner des signes de faiblesse et à  couiner.

Je me doutais que l’arrivée à  Lentilly serait grandiose, et je me devais de passer la ligne sur mon vélo, au milieu des autres. La jonction se fit donc à  5 km. Déjà  les retrouvailles furent pathétiques. On était entre nous et on l’avait fait !

Après un rangement en ordre de bataille (moi au milieu encadré de Kyle et de Fabrice, tous deux ataxiques) suivi du reste du Peloton, nous franchîmes l’arche d’arrivée. Ne me demandez pas comment cela s’est passé : je n’en sais rien. Je me souviens juste de centaines de personnes présentes qui applaudissent. De nouveau, les mouchoirs ont dû sortir comme pour le départ.

Réception, animations, familles d’accueil, Annabelle avait tout prévu, jusqu’au diplôme remis à  chaque participant, chacun montant sur l’estrade pour le recevoir. Encore une séance de mouchoirs…

Puis les flonflons se sont éteints, et après les dernières embrassades, chacun s’en est retourné, espérant une suite l’an prochain.

Comme il me restait un peu d’énergie, et pour faire un pied de nez à  cette maladie, nous sommes partis tous les deux, en Italie, faire le tour du lac de Varèse à  vélo.

De tout cela, j’en conclus que si l’on peut faire un petit quelque-chose à  deux, alors à  plusieurs et bien organisés, jusqu’où pouvons nous reculer nos limites ?”